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Banques centrales et monnaie numérique

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"Le système financier change sous nos pieds."

La dernière intervention de Benoît Coeuré présente un grand intérêt car il transmet la vision des banques centrales sur la révolution de la monnaie numérique et des systèmes de paiement qui se déploie partout dans le monde.

Benoit Coeuré (C.-B.). Elle dispose d'un observatoire privilégié puisqu'elle dirige le pôle d'innovation BRI, une institution qui joue un rôle clé en essayant de coordonner les travaux des banques centrales sur l'accès à tous les citoyens de la monnaie numérique publique (CBDC)

Et la vision de banques centrales C'est très important car, tant que cette question n'aura pas été débattue dans les institutions démocratiques, ce sont les seules institutions qui maintiennent la défense des intérêts publics dans le débat sur cette réforme.

Cette intervention de BC est intéressante non seulement en raison de la vision qu'elle apporte mais aussi parce qu'elle véhicule les « sentiments » que les banques centrales éprouvent en ce moment. Le sentiment en ce moment est que ils ont cessé de marcher sur la terre ferme :

BC : le système financier évolue sous nos pieds.

les événements se déroulent avec une rapidité extraordinaire :

BC : Big tech étend sa présence dans les paiements de détail. Les Stablecoins frappent à la porte, demandant l'approbation réglementaire. Les plateformes de financement décentralisé (DeFi) remettent en question l'intermédiation financière traditionnelle. Ils viennent tous avec des questions réglementaires différentes, qui nécessitent des réponses rapides et cohérentes.

 Banques centrales  ils ont des doutes capitaux sur luiou quoi faire :

Les nouveaux acteurs compléteront-ils ou supplanteront-ils les banques commerciales ? Les banques centrales doivent-elles ouvrir des comptes à ces nouveaux acteurs et dans quelles conditions réglementaires ? De quel type d'intermédiation financière avons-nous besoin pour financer les investissements et la transformation verte ? Comment coexister argent public et privé dans de nouveaux écosystèmes ? Par exemple, l'argent de la banque centrale devrait-il être utilisé dans DeFi au lieu de pièces stables privées ?

il n'y a pas beaucoup de temps pour trouver les réponses :

Nous devons de toute urgence nous poser ce genre de questions sur l'avenir. C'est l'horizon lointain du système financier, mais nous nous en approchons de plus en plus rapidement. Les banques centrales ont besoin de savoir où elles veulent aller lorsqu'elles se lancent dans leur aventure CBDC.

Plus aucun temps ne peut être perdu. Il est urgent de répondre à ces questions car, Alors que des travaux sont en cours pour concevoir une CBDC presque parfaite pour l'avenir, les pièces stables sont déjà là, dans le présent :

Le temps est passé pour les banques centrales de se mettre en route. Nous devons retrousser nos manches et accélérer notre travail sur les questions fondamentales de la conception des CBDC. Les CBDC mettront des années à se déployer, tandis que les pièces stables et les actifs cryptographiques sont là. Cela rend encore plus urgent de se lancer.

CBDC n'est pas tout ce qu'il y a à faire :

 AVANT JC: La CBDC fera partie de la réponse.

Et présente une bonne définition des caractéristiques essentielles que la CBDC doit respecter:

 AVANT JC: Une CBDC bien conçue sera un moyen de paiement et de règlement sécurisé et neutre, servant de plate-forme interopérable commune autour de laquelle le nouvel écosystème de paiement pourra s'organiser. Une CBDC qui permet une architecture financière ouverte qui est complète tout en accueillant la concurrence et l'innovation. Et maintenir le contrôle démocratique de la monnaie.

Enfin, il y a  un changement très important dans le message aux banques. Jusqu'à présent, ils étaient rassurés en leur disant que les banques centrales aideraient les banques à éviter les pertes sur les dépôts, par exemple en fixant une rémunération pire que celle des dépôts ou encore en incluant des limites sur l'utilisation de l'argent public. Benoit Coeuré a introduit un changement de ton et de contenu très intéressant : il raconte les banques que même si les banques centrales continueront à se soucier d'eux, ils doivent se rendre compte que leur modèle économique sera également remis en question par les stablecoins et par les autres prestataires de services de paiement qu'ils contactent.permettra d'offrir ses services en concurrence avec les banques :

J.-C. : Le  les banques commerciales s'inquiètent des implications des CBDC pour les dépôts des clients. Les banques centrales sont conscientes de ces préoccupations et s'efforcent de trouver des réponses… Mais ne vous y trompez pas : les pièces stables mondiales, les plates-formes DeFi et les grandes entreprises technologiques remettront en question les modèles commerciaux des banques quoi qu'il arrive.

À mon avis, Benoît Coeuré reconnaît déjà clairement qu'il est essentiel de donner un rôle aux Stablecoins, Defi et Bigtech dans le nouveau système. Concernant les banques commerciales, il y a un changement d'attitude, mais pas assez. À un moment donné, les banques centrales se rendront compte que les banques commerciales devront également se voir confier un rôle dans le nouveau système, mais pas pour les aider à continuer à faire ce qu'elles font maintenant.

La monnaie numérique que nous utilisons actuellement (dépôts dans les banques privées) ne répond à aucune des caractéristiques essentielles que doit remplir le nouveau système de monnaie et de paiement. Aider les banques peut être justifié, mais cela doit être fait de manière à les aider à concurrencer les nouveaux prestataires et à ne pas entraver ou entraver la concurrence dans les services de paiement, car c'est l'objectif essentiel de la réforme.

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À propos de l'Auteur

Miguel A. Fernández Ordoñez

Miguel A. Fernández Ordoñez

Économiste d'État. Ancien gouverneur de la Banque d'Espagne et membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE). Il enseigne actuellement des séminaires sur la politique monétaire et la réglementation financière à l'IEUniversity.

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